L’hôpital est-il malade ?

L’hôpital est-il malade ? Faut-il une loi pour le sauver ?

La réforme de l’hôpital est-elle nécessaire ? Oui elle l’est en effet. Ce qui assez mal, chez quelques médecins, les plus anciens, c’est l’impression qu’ils ont que l’on veut leur ôter leur « toute puissance ». Hélas il reste de ces praticiens, souvent très compétents, qui pensent que tout se trouve tout de suite et qu’on leur doit tout. Pendant trop longtemps les directions ont eu peur des médecins cette période vit ses dernières années. Avec l’arrivée des jeunes praticiens les choses sont en meilleure voie. Ces derniers tiennent aussi compte des coûts car, rappelons-le chaque jour, l’Hôpital a un coût et chacun d’entre nous en assume une partie ! J’entends trop souvent « c’est gratuit pour moi » cette impression de gratuité provoque des abus. Si peu nombreux soient-ils ces abus doivent être sanctionnés. L’abus provoque des dépenses inutiles et ces dernières participent à la mise en danger de la sécurité sociale. Tous les citoyens doivent avoir un comportement responsable. Cela passera aussi par la pédagogie. Sensibiliser les patients, et le personnel, sur ce que coûte réellement l’hôpital public et sur l’absolue nécessité de conserver le système de protection sociale français, doit être la première urgence. Si notre système de soin meurt, beaucoup de nos concitoyens ne pourront se faire soigner et nombre d’entre eux mourront aussi. Les efforts de tous sauveront l’hôpital public et participeront à toujours mieux prendre en charge les malades, les victimes d’accident, les aînés devenus fragiles et souvent dépendants …

L’hôpital est un monde bien particulier, un monde à part mais une chose est sûre : tous les personnels (de l’agent technique au directeur général) partagent les valeurs essentielles de respect, de service,  et surtout d’humanisme. Tout faire pour sauver, pour soigner et guérir cela n’implique pas que l’on fasse des examens couteux inutiles ni que l’on hospitalise plus longtemps que de raison les patients. Les médecins ne sont pas bêtes ! Ils ne mettront pas dehors de l’hôpital une personne dont la surveillance médicale est si importante que le maintien en milieu médical est indispensable. Ceux qui disent que le but rechercher et de faire du chiffres disent des bêtises ; par ignorance ou par méchanceté ! Il n’est évidemment pas question de manquer à nos valeurs, à nos missions en n’accueillant pas une personne souffrante au motif que cela va coûter. Celles et ceux qui crient qu’on en arrivera-là ne connaissent pas les qualités des hospitaliers et veulent faire peur à leurs concitoyens.

Des milliers de médecins hospitaliers pourraient doubler ou tripler facilement leurs revenus du travail en allant dans le secteur privé. Mais heureusement beaucoup d’entre eux ont la valeur humaine chevillée au corps ce qui leur fait rester à l’hôpital public, même s’ils souffrent de ne pas toujours avoir tous les moyens qu’ils souhaiteraient pour faire mieux encore ; d’où l’importance de mutualiser les moyens… Quand on choisit de devenir fonctionnaire (ou assimilé) de santé on sait que l’on ne fera pas fortune. Mais la vraie richesse n’est-elle pas, finalement, la fierté du devoir bien accompli ?

Il faut changer les choses, les mentalités, faire comprendre aux soignants et soignés que chaque geste médical, chaque séjour etc. a un coût et qu’il est possible de le réduire, sans pour autant menacer la prise en charge des gens ni détruire la vie professionnelle des agents.

Avant  tout changement au sein d’un établissement il conviendrait de mieux répartir les forces et les moyens dont il dispose en expliquant simplement mais clairement l’importance de ces modifications. Il me semble, tout aussi important de déplacer les personnels en essayant de tenir compte des souhaits et des obligations de chacun. Pourquoi, par exemple, forcer des aides-soignants à travailler le weekend, quand ils ne le souhaitent pas et alors même que dans le même service d’autres aides-soignants préfèrent travailler les weekends, nuits et jours fériés parce que cela augmente leur pouvoir d’achat ? Tout est négociable si tout le monde y met de la bonne volonté ; c’est donnant-donnant.

Dans l’ensemble, les professionnels des hôpitaux publics sont pour le changement si cela va dans le sens de l’amélioration du service rendu avec, et c’est capital, une meilleure considération pour toutes les catégories de personnel mais aussi une augmentation notable du traitement indiciaire, en particulier pour les catégories C et D qui ont le salaire minimum.

L’évolution de carrière est, elle, devenue quasi impossible sans passer par la voie de concours. Hors, les concours sont rares et le nombre de places à pourvoir est très réduit. Par ailleurs, les compétences professionnelles ne sont pas et ne doivent pas forcément être appréciées au nombre de fautes d’orthographe dans une dictée. Les agents moins jeunes ne peuvent plus avancer dans la carrière face au nombre de bacheliers qui ont encore les leçons de français, bien fraîches, en mémoire. Ne démotivons pas les agents. Encourageons-les. Réinventons l’avancement au mérite. Le Président lui-même, tient à ce que le mérite soit récompensé. Je suis sûr que dix agents mieux considérés et mieux payés seront toujours plus efficaces qu’un bataillon d’agents sous payés et mal considérés, démotivés et mal au travail…

Vive la réforme de l’hôpital, elle est plus que nécessaire, mais sachons imaginer les conditions de travail de chacun ; cela aide à comprendre les inquiétudes des agents et par conséquent à éviter de commettre des erreurs dont les premières victimes seraient les personnes souffrantes c’est-à-dire, vous et moi, aujourd’hui ou demain… Refuser, par conviction purement politique, tout changement en se cachant la face sur la difficulté financière de notre système de soin et son besoin de ‘revitalisation’ c’est prendre le risque de perdre le droit au soin pour tous. Ce choix là, je ne le soutiendrai pas.

Jean-François SOYEZ

Nouveau Centre Agglomération de Roubaix

Mercredi 13 mai 2009

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À propos de Jean-François SOYEZ- Wattrelos2020

Citoyen engagé! Anciennement: Délégué Nouveau Centre de la 8ème #Circonscription du #Nord, membre du conseil fédéral du nord, membre du conseil national. Ancien membre de l'UMP et de LR mais toujours électron libre. Rejoignez-moi pour faire gagner vos propositions mais aussi à changer la ville de #Wattrelos, socialiste depuis trop longtemps. Modifions la politique de la ville grâce à un large rassemblement ouvert à toutes les bonnes volontés au-delà des étiquettes! La société civile sera largement représentée. Les municipales de 2020 se préparent dès maintenant, contactez-moi vite. #Wattrelos #2020 #Wattrelos2020 @JFSoyez
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