La Société de la Reconnaissance, c’est aussi prendre soin des seniors

Les personnels des EHPAD (Établissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes) de Roubaix se mobilisent aujourd’hui contre la suppression de 16 postes dans les 3 EHPAD de la ville. Ceci nous pousse à réfléchir sur la manière dont l’accompagnement des 3è et 4è ages est organisé. A l’heure actuelle, entre le maintien à domicile, avec plus ou moins d’aide selon le niveau de dépendance, et le placement en maison de retraite, là aussi plus ou moins médicalisée, il existe assez peu d’alternative. Cependant, nous connaissons tous l’équilibre difficile à trouver, entre le désir de nombre de personnes agées de rester chez elles, et l’angoisse pour la famille et les proches de savoir ces personnes seules, à la merci d’une chute ou de visiteurs malveillants. Nous savons aussi que le départ en maison de retraite, malgré la promesse de conditions de vie plus adaptées, est souvent vécu comme un déracinement et une épreuve, tant pour la personne concernée que pour sa famille.

Pourtant, les solutions existent. Dans quelques villes françaises, en particulier en Nord-pas-de-Calais et en Picardie, des béguinages apparaissent, tels la ferme Rouzé à Willems. Ces béguinages sont des habitats collectifs, partenariats entre l’ADAR, les offices HLM et les municipalités, où les résidents sont locataires d’un appartement dans un complexe adapté aux besoins de personnes agées, et disposant de vastes zones communes. Tous les appartements possèdent au moins deux chambres, afin de permettre à des amis ou de la famille de pouvoir passer la nuit. Les résidents sont libres de rester chez eux s’ils le désirent, ou au contraire de venir prendre leur repas et se détendre dans la salle commune. Bien qu’une maitresse de maison veille à la préparation des repas et à l’entretien des parties communes, chacun contribue selon son envie et ses capacités, qui à mettre la table, qui à la réalisation du repas. L’entraide est de mise. Les plus valides offrent de faire les courses des autres, ceux dont la vue le permet lisent le journal pour les autres. Un agent d’accompagnement et une infirmière veillent au bien-être des résidents. La priorité pour l’attribution des logement revient aux personnes originaires de la ville ou de la région proche, afin d’éviter le déracinement, et de permettre aux familles des visites fréquentes. Celles-ci s’engagent d’ailleurs par contrat à des visites au moins hebdomadaires.

La société de la reconnaissance, c’est aussi une société qui permet aux seniors de vivre leurs dernières années dignement, en étant aidés si besoin est, mais pas infantilisés et coupés du monde. Les béguinages en sont un exemple et nous souhaitons que lors du débat présidentiel, une large part soit accordée à la reflexion sur l’accompagnement et l’hébergement des seniors.

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