Plan d’adaptation au changement climatique : en 2090, Roubaix-plage toute l’année?

Nathalie Kosciusko-Morizet a présenté hier le plan français d’adaptation au changement climatique, qui fera l’objet d’un suivi annuel et d’une évaluation finale fin 2015, afin de préparer les plans suivants. La France est le premier pays européen à publier un plan d’une telle ampleur (230 mesures réunies en 80 actions), dans la lignée du Grenelle de l’Environnement, initié par Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo.

Le réchauffement climatique est considéré comme inéluctable. Même si l’ampleur et les causes restent l’objet de débats, les grandes tendances font l’objet d’un consensus. Il faut donc à la fois continuer la mobilisation pour en limiter l’ampleur, notamment à travers la réduction des émissions de CO², mais aussi nous adapter à l’augmentation des températures. Le plan d’adaptation détaille 230 mesures à cette fin, basées sur de nombreux constats, dont voici un échantillon :

– la France connaitra un déficit de 2 milliards de m3 d’eau par an pour satisfaire les besoins de l’industrie, de l’agriculture (irrigation) et de l’alimentation en eau potable à l’horizon 2050 ;

-le réchauffement des eaux de surface augmentera les risques de prolifération de micro-organismes, producteurs de toxines avec des effets directs ou indirects sur la santé. De nouveaux microorganismes à risques commencent à être décelés sur les côtes françaises ;

-le changement climatique aura deux effets très contrastés sur la croissance forestière.    Dans les prochaines décennies, on devrait observer une phase de croissance accélérée due à la douceur du climat et à la hausse de la teneur en gaz carbonique. Dans la deuxième moitié du siècle, on anticipe au contraire un dépérissement de la forêt à cause de l’assèchement du sol, d’une hausse de température supérieure aux tolérances des espèces actuelles et de la multiplication des feux de forêts ;

– dès 2040, les zones sensibles aux feux de forêt s’étendront en altitude et vers le Nord. Des zones moyennement sensibles comme la forêt aquitaine deviendront très sensibles. Des zones avec peu ou pas de risque deviendront à risque modéré comme par exemple les massifs de Sologne et la forêt de Fontainebleau. Outre les actions de prévention, l’apparition des ces risques nouveaux devra amener à une sensibilisation dans ces lieux ;

– le réchauffement climatique, en augmentant la s urvenance des cycles gel/dégel
hivernaux, pourrait accélérer la dégradation des chaussées. Le niveau moyen de la mer dans le monde s’est élevé de 18 cm environ entre 1870 et 2000 – c’est la même élévation

que l’on constate àBrest. Cette élévation est liée à la dilatation provoquée par l’augmentation de la température de l’océan et à la fonte des glaciers et calottes polaires. L’élévation a été plus rapide sur les 20 derniè res années, atteignant 3mm/an. En Languedoc-Roussillon des dizaines de milliers de logements et d’entreprises seraient touchés par une élévation de 1 m du niveau de la mer, impliquant plusieurs milliards d’euros de patrimoine. Une hausse de 1 m du niveau de la mer entraînerait une perte patrimoniale de routes nationales de 2 milliards d’euros. Autoroutes et réseau local seraient également affectés.

Nous saluons la volonté du Gouvernement de mener une telle réflexion, ainsi que les actions détaillées qui en sont le fruit. Cette action joue ainsi un rôle précurseur pour nos partenaires européens, dans la droite ligne du Grenelle de l’Environnement. Enfin, elle soutient le vœu du Nouveau Centre de faire de la France un leader des métiers de l’environnement et de l’économie verte.

Le dossier de presse accompagnant le plan français d’adaptation au changement climatique est disponible ici .

L’intégralité du plan est consultable ici.

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