Emploi : les propositions-clés du Nouveau Centre

Les mauvais chiffres du chômage publiés hier (+ 1,3 % en juin, soit +1,5 % en glissement annuel) sont un brusque rappel à la réalité après l’embellie aperçue en début d’année. Le Nord-Pas de Calais s’inscrit quant à lui dans la moyenne nationale – les amateurs de chiffres trouveront les statistiques complêtes dans les données de cadrage publiées par Pôle Emploi.

Ceci nous rappelle non seulement l’urgence, mais aussi la pertinence des mesures de soutien à l’emploi préconisées par le Nouveau Centre, et leur applicabilité forte à l’agglomération roubaisienne, en particulier autour de 4 axes :

1. Education.

On sait que l’éducation est un facteur majeur d’accès à l’emploi. Or 20% des élèves sortant du CM2 sont en situation d’illétrisme. Le Nouveau Centre propose l’autonomie des écoles primaires, sur un modèle similaire à celui des universités, afin que les chefs d’établissement puissent mettre en place un vrai projet d’établissement et recruter l’équipe enseignante la plus à même de mener à bien ce projet. Comment peut-on penser que les besoins sont les mêmes à Roubaix, au centre de Paris et dans un village Picard? A Roubaix, comment peut-on penser que les besoins sont les mêmes à Anatole France et à Jean Macé? Donnons aux chefs d’établissement les moyens d’adapter leur enseignement à leurs élèves.

Ensuite, nous avons déja relevé dans ce bog les statistiques roubaisiennes quant à l’accession aux études supérieures. Le principe proposé par le Nouveau Centre est simple.

Les salariés qui bénéficient aujourd’hui le plus de la formation professionnelle sont souvent ceux qui sont déjà les plus diplômés et les mieux formés. Les travailleurs qui ont quitté l’école à 16 ou 18 ans en bénéficient peu. Ce sont pourtant eux qui en ont le plus besoin.

Il est proposé de réorienter les fonds collectés pour la formation professionnelle pour financer l’instauration d’un droit universel à la formation doté d’un capital initial à la naissance. Ce droit repose en effet sur l’idée que chaque personne dispose à la naissance d’une créance sur la nation prenant la forme d’un droit d’accès à la connaissance. Plus le salarié aura quitté l’école tôt, et plus il aura droit à des formations tout au long de sa vie professionnelle et disposera de crédits sur un compte individuel de formation et de développement des compétences. Un jeune qui arrête ses études à 23 ans pour entrer dans la vie professionnelle a bénéficié d’une aide de la collectivité nationale durant 17 ans (6-23 ans); en revanche, celui qui occupe un emploi à l’issue de la scolarité obligatoire (16 ans) n’a bénéficié de cette aide que 10 ans seulement. Il est donc normal que ce dernier puisse davantage se former par la suite.

2. Contrat de travail

 Suppression d CDI eCDD pour les remplcer par n contrat de travail unique à droits progressifs. Ceci est une réponse à un double besoin : besoin de flexibilité des entreprises d’une part, et besoin de protection des salariés d’autre part.

Ce contrat de travail unique à droits progressifs possède 3 caractéristiques :

  • C’est un contrat à durée indéterminée.
  • Il donne aux travailleurs plus de protection au fur et à mesure qu’ils restent dans l’entreprise. Ce contrat permet aux salariés d’accumuler des droits progressifs dans le temps (en terme d’indemnisation du chômage, de protection juridique, de formation, etc.), en évitant les effets de discontinuité et de rupture liés à la distinction CDD/CDI.
  • Pour l’entreprise, le montant des charges (cotisation chômage) est dégressif en fonction de la durée de l’emploi. Cela signifie la suppression du caractère fixe des cotisations et son remplacement par un système de modulation des cotisations patronales.

3. Aide aux PME

L’emploi en France ne passe pas par le dévelopement des grands groupes, mais par les PME. Le Nouveau Centre propose de réserver une part des marchés publics aux PME dans le cadre d’un «small business act» prévoyant :

  • de réserver aux seules PME les marchés publics dont le montant est inférieur à 50 000 euros – à ce sujet nous notons avec satisfaction que ceci est déja le cas pour Roubaix;
  • d’exiger un plan de sous-traitance à des PME pour les appels d’offres supérieurs à 500 000 euros remportés par des grandes entreprises.

4. Soutien à l’Economie Sociale et Solidaire

Avec 21 000 coopératives, la France se classe au 3ème rang européen. Leur chiffre d’affaire représente plus de 20% du PIB national et elles emploient un million de salariés. L’économie solidaire n’est pas guidée par la recherche des bénéfices immédiats mais porte une stratégie de développement à long terme.

Les mutuelles et les coopératives font du développement durable sans le dire, avec cette idée de transmission d’une culture comme patrimoine ; et ce ne sont pas les marchés qui dictent leur loi, la rémunération des parts sociales étant plafonnée.

Le Nouveau Centre soutient l’établissement d’une loi-cadre favorisant le dévelopement de ce secteur de l’économie. A noter les travaux importants de Francis Vercamer dans ce domaine, en particulier au travers d rapport sur l’ESS remis au Premier Ministre, et dont une grand partie des propositions sont en cours d’introduction.

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