3-Ponts : après la rénovation urbaine, la rénovation sociale?

La presse locale des derniers jours commente l’accélération du chantier de rénovation urbaine aux 3-Ponts, en partie financé par l’État au travers de l’Agence nationale de rénovation urbaine, lancée par Jean-Louis Borloo. Bien évidemment, on ne peut que saluer ces progrès : il y a quelques semaines, je commentais sur ce blog l’impression de désolation qui règne aux 3-Ponts. A plus d’un titre la situation dans ce quartier est choquante : cités dortoirs, dégradations, manque de services, désoeuvrement, manque d’accès aux professionnels de santé, la liste est longue des injustices subies par les habitants de ce quartier.

Bien sûr, la « dédensification » du quartier, la rénovation des écoles, la création d’un nouveau centre commercial, d’un centre petite enfance, de jardins familiaux, est un énorme progrès. Attention cependant : les 3-Ponts, c’est aussi 34% de chômage, 23% de taux de scolarisation des 18-24 ans, 82% d’habitants sans ou à faible qualifications. Il faut, en parallèle à cette rénovation urbaine, procéder à une véritable rénovation sociale. Combien des employés du nouveau Aldi seront des résidents locaux? Ne devrait-on pas, en contrepartie d’avantages à définir, réfléchir à la possibilité de placer sur les nouveaux commerces locaux une obligation de formation et d’embauche locale? Dans les jolis murs de leur nouvelle école, les élèves recevront-ils le soutien personnalisé dont ils ont besoin pour rompre la spirale de l’échec scolaire? Ne devrait-on pas réfléchir aux collaborations possibles avec les nombreux établissements d’enseignement supérieur?

La rénovation physique d’un quartier est une chose. Un vrai changement en profondeur nécessite des actions moins visibles de l’extérieur. Souhaitons que l’action commencée aux 3-Ponts en soit un exemple.

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