Regards sur l’Education – l’OCDE contribue au débat

L’OCDE publie aujourd’hui son rapport annuel Regards sur l’Education. Sans commenter sur les quelques 580 pages du rapport, j’ai relevé 3 thêmes clés, et qui me paraissent pertinents dans le contexte à la fois de la formation des programmes de campagne des candidats à la présidentielle, mais aussi sous l’éclairage particulier de la situation dans l’agglomération roubaisienne.

1. Les problêmes de l’éducation en France ne sont pas liés aux moyens mais aux méthodes : la solution n’est pas plus de profs ou plus d’écoles, mais « mieux de profs » et « mieux d’école ». Il n’y a pas de tendance nette au niveau des moyens ou dela charge de travail des profs : la France n’est ni radine ni dispendieuse, les profs ne sont ni sur-payés, ni sous-payés, ni des glandeurs, ni des fous du boulot, comparés à leurs collègues du reste de l’OCDE. Bien sur ceci ne veut pas dire que les gouvernements successifs ont trouvé un équilibre parfait sur ces points. On pourra toujours trouvers des pays ou les profs sont mieux payés, d’autres ou ils travaillent moins, d’autres ou les dépenses de l’Etat sont plus importantes, etc. Mais globalement, il apparait que le problême se situe plus au niveau des méthodes que des moyens.

2. Le niveau d’éducation est un déterminant fort non seulement de l’accès à l’emploi, mais aussi de la satisfaction des citoyens avec leur vie, et de leur engagement civique et social. L’importance pour l’emploi est claire : en France, avec un niveau d’éducation inférieur au 2ème cycle du secondaire, le taux de chomage est d’environ 12%. Après le 2ème cycle du secondaire, il tombe à 7,5%, et après des études supérieures, à 5%. Rien de bien neuf à cela. Cependant l’OCDE analyse d’autres indicateurs, en particulier les avantages sociaux de l’éducation. Le rapport révèle que plus de 60% de Français diplomés du supérieur se disent satisfaits de leur vie (moyenne OCDE : 75%) contre seulement 40% pour ceux avec un niveau de formation inférieur au 2ème cycle du secondaire (OCDE : 58%). Le rapport montre aussi d’autres résultats moins intuitifs, comme la proportion d’adultes allant voter au scrutin national le plus récent (82% contre 72%), ou la proportion d’élèves montrant une attitude favorable à l’égalité entre les sexes. Suivant leur niveau de connaissances civiques, la proportion varie de 43% à 56% dans l’OCDE (données non dispoonibles pour la France).

3. L’école Française est en échec dramatique dans son role d’intégration, à la fois pour les enfants issus d’un milieu social défavorisé et pour ceux issus de l’immigration. Dans l’OCDE, seule la Nouvelle-Zélande présente un écart de performance en compréhension de l’écrit plus grand que la France entre les élèves issus de milieux favorisés et les autres. En outre, alors que les élèves autochtones ont des performances légèrement supérieures à la moyenne de l’OCDE, celles des élèves issus de l’immigration sont largement en retrait, à la fois de celles des élèves autochtones et de celles des élèves issus de l’immigration dans le reste de l’OCDE. Le score moyen d’un Français autochtone en compréhension de l’écrit est 500. Celui d’un immigré de 2è génération est 450 (OCDE : 460), et pour la 1ère génération, 425 (OCDE : 450). Mon fils ainé est entré au CP dans une école roubaisienne la semaine dernière. A la réunion de rentrée, l’institutrice a insisté sur l’importance pour les parents de faire lire leur enfant tous les jours. 40% des élèves dans cette classe sont issus de l’immigration. J’estime à 50% la proportion de ceux-ci dont au moins un des parents ne parle pas Français couramment. Un des challenges énormes du prochain gouvernement sera de faire en sorte que ces enfants aussi quittent l’école primaire en sachant lire, écrire et compter.

Le Centre est le seul acteur de la vie politique à proposer un plan à la fois réaliste et ambitieux.  Espérons qu’il sera entendu.

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