Petites trahisons entre amis

Ce matin je suis sonné. Pas étonné, ni déçu que Jean-Louis Borloo renonce à se présenter à la présidentielle. On le sentait venir. En avait-il vraiment envie? Il disait que oui. Allait-il se faire acheter et rentrer dans le rang? Il disait que non. Mais peu étaient convaincus qu’il irait au bout. Donc ce n’est pas une surprise. Mais la manière, les arguments employés, me choquent. Pire,  je suis en colère.

« La dynamique des centres ne s’est pas créée : ni sur le projet, ni sur les hommes », dit-il. C’est faux. Du moins sur le projet. Bien sur il n’y a pas d’accord à 100% sur le projet, mais les différences sont suffisamment minimes pour, à 8 mois de l’élection, permettre de batir un programme. Il y a beaucoup plus en commun entre les projets de Borloo, Morin, et Bayrou qu’entre ceux de Valls et Aubry ou ceux de Joly et Hulot.

Restent les hommes. Et là, force est de reconnaitre qu’effectivement, la dynamique n’est pas là. A-t-on mis la charrue avant les boeufs en dévelopant des projets, en créant l’ARES, avant de se mettre d’accord soit sur le candidait sur la manière de le désigner? Peut-être. A-t-on sous-estimé les égos des uns et des autres, et leur capacité à faire passer le bien commun avant leur situation personnelle ? Surement, mais les principaux acteurs de ce psychodrame se connaissent, et savent qu’aucun d’entre eux n’est arrivé à ses fonctions politiques sur la base de leur modestie.

En bref, si l’on accepte le raisonnement de Borloo, le PS ne devrait pas proposer de candidat non plus.

Borloo poursuit en affirmant que « la France a besoin d’une grande formation humaniste, profondément européenne, assumant pleinement la diversité de notre pays. » Comment propose-t-il de construire cette formation si la première difficulté rencontrée, même si on accepte que c’est une difficulté majeure, l’amène à jeter l’éponge ?

« [La crise] favorise également le développement de mesures simplistes, la recherche de bouc émissaires et le populisme. S’y ajoute un climat de suspicion généralisé lié à un interminable feuilleton judiciaire qui n’épargne aucune institution. Le risque populiste, en France comme en Europe, est réel. Et je ne veux pas faire courir ce risque aux Français. »

Si j’étais vaguement irrité par les raisons de Borloo jusqu’à présent, cette dernière me met en rage. La seule tendance politique qui, jusqu’à présent, a élevé le débat au-dessus des mesures simplistes et populistes est le Centre. Prétendre protéger les Français en abandonnant l’opportunité de faire entendre un message de modernisme, de vérité et de courage est un non-sens. Et pourquoi le Centre serait-il responsable de la montée du FN et de sa présence au second tour ? Si le FN progresse, c’est d’abord à cause de ceux qui refusent de tenir ce langage de vérité au pays, qui se cachent derrière un homme providentiel, ou un état-providence qui ne peuvent régler les problêmes. Si le FN est présent au second tour, que les partis traditionnels en général, et l’UMP en particulier, regardent la poutre dans leur œil avant de chercher la paille dans celui du Centre.

Suite à cet épisode, nous appelons plus que jamais au rassemblement des centristes dans un unique mouvement indépendent. Nous appelons les leaders centristes à l’union derrière un projet commun porté par un candidat de consensus.

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