Le centre de Montebourg à Bayrou, ou Adieu Martine, on t’aimait bien

J’ai résisté jusqu’à présent, mais je n’en peux plus : je sors de ma réserve sur la primaire PS pour livrer mes reflexions à la veille du 2ème tour. 

  1. Comme on le prévoyait, Hollande a rassemblé, et Martine s’est isolée. Celle qui représente non pas les éléphants du PS, mais plutôt ses dinosaures, a répliqué au niveau national son comportement au niveau local et montre une fois de plus sa rigidité et son manque d’ouverture. Enfermée dans ses dogmes caricaturaux et incapable de rassembler dans son propre parti, elle jette son filet sur la société civile et drague tout ce qui remonte à la surface. Le rassemblement de José Bové à Yohan Diniz, ça fait rêver… 
  2. Le challenge maintenant pour Hollande, car n’en doûtons pas, il sera le candidat du PS, est de composer un programme qui satisfasse sa collection hétéroclite de supporters, de Montebourg (qui risque une belle déprime quand quelqu’un osera lui apprendre que Brejnev est mort) à Valls (qui s’est trompé d’une lettre en se retrouvant au PS plutôt qu’au PR). Pour quelques points de bonus il devra, pourquoi pas, tenter d’allêcher une proportion de centristes (oui François B, je pense à toi). Le tout sans se renier et sans renier le programme officiel du PS paru cet été. Autant dire que ce n’est pas gagné d’avance, et que la campagne va être tendue…
  3. Clairement, ce centrisme-là, ce rassemblement-là, ce n’est pas le mien. Il est fondé sur le raccolage le plus large possible, sur la dilution des idées dans un melting-pot dont seule une alliance informe peut sortir. Comment peut-on croire un instant qu’une politique ambitieuse pourra sortir de ce monstrueux assemblage aux composantes incompatibles? Le rassemblement de Hollande, c’est la manière de gouverner l’Europe à 27 : le consensus à tout prix, qui exclut toute idée tant soit peu novatrice ou sortant du moule. Allez, une fois n’est pas coutûme, rendons à Aubry ce qui est à Aubry, Hollande, c’est le consensus mou.
  4. Mon centrisme, notre centrisme au Nouveau Centre, il n’est pas fait de la dilution des idées pour plaire au plus grand nombre et rassembler coûte que coûte. Il est fait d’idées fortes, qui dérangent, à gauche comme à droite, mais qu’importe ? Le centrisme du Nouveau Centre, c’est celui qui pense que les patrons ne sont pas des salauds, mais que les salariés ne sont pas non plus du bétail. Que l’égalité, c’est bien, mais l’équité et la justice, c’est mieux. La liberté de conscience, oui, le prosélytisme, non. L’Europe, ce n’est pas seulement pratique pour partir en vacances sans passeport, cela doit aussi être facteur de sécurité économique, financière et militaire.

 Les quelques mois qui viennent de s’écouler ont fait découvrir aux Français une manière résolument moderne de faire de la politique. Elle a aussi confirmé la nécessité d’une candidature forte au Centre.

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