Roubaix Mag / La Pravda : même combat?

On connaît la difficulté, pour un journal d’information municipal, de trouver un équilibre entre information du public et propagande au service du maire. La fin d’année étant évidemment propice aux bilans, il n’est pas étonnant que Roubaix Magazine nous propose un numéro de décembre fourni, à la fois bilan, état des lieux et prospective. Saluons tout d’abord la richesse du magazine et la variété des sujets traités. Par contre, on ne peut s’empêcher d’être gagné par un certain malaise au fil de la lecture de ce qui se révèle finalement comme un mélange inconfortable de retour aux heures glorieuses de la Pravda et d’autosuggestion.

Prenons quelques exemples :

  • Le magazine énumère au fil des pages les actions de la municipalité en faveur de la propreté urbaine, de la lutte contre les incivilités, du respect du cadre de vie, etc. Soit j’habite dans un monde parallèle particulièrement sale, soit le bilan avancé relève purement et simplement de la méthode Coué. J’ai du mal à croire que les Roubaisiens aient perçu ne serait-ce que le quart de la moitié du commencement d’une amélioration, pour reprendre le vers d’Edmond Rostand. Le bas du boulevard Gambetta, en plein centre ville, semble jonché en permanence de détritus. La rue de Beaumont, le long de l’hôpital, elle aussi, semble attirer les vieilles télés et autres matelas crevés. Je ne pense pas que les habitants de la rue Rollin, au Cul-de-Four, aient quelque louange que ce soit à apporter à l’action municipale, excédés qu’ils sont par les tas d’immondices, les pneus brûlés, etc.
  • La prorogation des zones franches urbaines était, nous en convenons, nécessaire pour le maintien de l’emploi à Roubaix. Par contre, que le maire l’attribue en partie à sa mobilisation paraît excessif, tant le consensus était large, au sein du gouvernement comme dans les collectivités locales, pour proposer cette extension.
  • Citons comme dernier exemple le passage nous expliquant comme Roubaix « bichonne ses espaces verts », et gageons que les membres de l’association des Amis du Parc Barbieux aura un point de vue différent. Quant aux « écrins de verdure », on peine à les voir. Rappelons que dans une métropole Lilloise déjà en queue de peloton en France avec 15 m2 d’espaces verts par habitant (source DREAL NPDC), Roubaix fait pâle figure avec seulement 10 m2 (ce même Rbx Mag, page 21). L’aménagement tant vanté de 15 hectares d’espaces verts sur la zone de l’Union fera gagner 1,5 m2 par habitant, laissant Roubaix encore bien loin de la moyenne de LMCU, sans parler de la moyenne nationale.

On ne peut en vouloir à René Vandierendonck de vouloir dresser un bilan radieux de son action à la tête de la commune, alors qu’il s’apprête à laisser sa place suite son élection en tant que sénateur. On aimerait seulement que la ficelle soit moins grosse.

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