Qu’attendre du « sommet social »?

Bernard Thibault monte au créneau en attaquant « l’affichage politique pré-électoral » et en appelant à la mobilisation demain. La CFDT, qui ressort du dossier SeaFrance meurtrie et cabossée, a quant à elle choisi de ne pas mettre d’huile sur le feu. Mais qu’attendre de ce sommet, rebaptisé « sommet sur la crise » ?

En tête d’affiche, le transfert d’une partie des charges patronales vers la consommation, ou « TVA sociale ». Le principe, rappelons-le, est l’affectation d’une partie du produit de la TVA au financement de la protection sociale, l’idée générale étant que le financement de la protection sociale par un prélèvement assis sur les salaires, comme c’est le cas actuellement, augmente le coût de la production nationale par rapport aux biens importés, alors que cette protection sociale ne profite pas qu’aux seuls travailleurs, mais aussi aux consommateurs.

Rappelons que cette mesure, soutenue depuis des années par le Nouveau Centre, faisait partie des objectifs de Nicolas Sarkozy en 2007, avant de disparaître victime de son impopularité. Or, il semble raisonnable de penser qu’en prenant le temps d’expliquer cette mesure aux Français, ils auraient fini par l’accepter. N’oublions pas qu’elle avait des partisans même a gauche, avant que les pressions politiciennes ne les fassent rentrer dans le rang. Avant de proclamer qu’ « avec la TVA sociale on tue toute possibilité de reprise », Manuel Valls prétendait « Oui, la TVA sociale est une mesure de gauche ». Valls veut-il dire que la gauche ne souhaite pas la reprise de la croissance, ou qu’il a, pas très subtilement, retourné sa veste ?

Toujours est-il que faute d’un peu de courage, le gouvernement est maintenant tenté de faire passer cette mesure au forceps, en quelques semaines, sans véritable concertation ni consultation. Si nous approuvons la fin, les moyens, eux, laissent a désirer, comme si souvent lors de ce quinquennat. L’enjeu est tel qu’il semble préférable de de dégager un réel consensus, même si cela doit prendre quelques mois, plutôt que d’imposer une mesure que la gauche, si elle revenait au pouvoir, aurait beau jeu de supprimer.

 

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