Sarkozy plutot bon – il devrait écouter les centristes plus souvent!

A un bémol près, à savoir sa tendance à un peu trop de familiarité, surtout vers la fin, avec les journalistes qui l’interrogeaient, j’ai trouvé Sarkozy très bon hier soir. Je le dis d’autant plus volontiers que je n’ai pas toujours été tendre avec le Président de la République dans ce blog. Sans revenir sur le détail des mesures annoncées je note que certaines d’entre elles sont des propositions déjà formulées par le Nouveau Centre (TVA sociale, renforcement de l’apprentissage, accords de compétitivité), et je propose quelques commentaires.

Tout d’abord, la TVA sociale. Enfin. Mais pourquoi si tard ? Le diagnostic était fait dès 2007. On salue le courage de prendre une mesure impopulaire, mais est-il trop tard ?

En outre, je partage la conviction de Sarkozy que l’augmentation de 1.6 points de TVA n’aura aucun impact sur les prix. De par mon métier de directeur des achats, je suis en prise directe avec le marché, et il me parait clair que la combinaison de concurrence et de faiblesse de la demande découragera toute hausse de prix.

Enfin, que dire de l’affirmation de Michel Sapin  selon qui « 75% des entreprises françaises ne sont pas dans la concurrence internationale, si bien qu’il n’est pas logique de procéder à une baisse de charges indifférenciée » ? D’une part, simplement parce qu’une entreprise n’exporte pas ne veut pas dire qu’elle n’est pas soumise à la concurrence de produits importés. D’autre part, je n’ai pu trouver ce chiffre de 75% nulle part dans les tableaux statistiques de l’INSEE, pourtant très complets. J’ai donc procédé à mes propres calculs, sur la base des chiffres de l’INSEE (en noir dans le tableau ci-dessous – chiffres de 2009) et de ceux de Michel Sapin (en rouge). Les chiffres en bleu sont mes propres estimations, basées sur le postulat que toutes les grandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire sont soumises à la concurrence internationale, ainsi que 50% des PME. Il en découle que même si M. Sapin a raison, et que 75% des entreprises ne sont pas soumises à la concurrence internationale, les 25% qui restent représentent 72% des salariés. Le postulat qu’une baisse des charges sociales renforcera la compétitivité internationale des entreprises françaises parait donc légitime.

 

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :