3 formes de centrisme

Après un mois de vagadondage entre déplacements professionnels et vacances personnelles, je reprends le cours de ce blog. Un constat s’impose : 1 mois, c’est long. Hervé Morin lui-même prédisait, en fin d’année dernière, que nombre de tsunamis politiques viendraient changer le paysage au cours des 6 mois qui nous séparaient alors de l’élection présidentielle.

Il avait raison, même s’il fut lui-même victime du tsunami annoncé. A la traîne dans les sondages, peinant à récolter les 500 signatures nécessaires, le dos hérissé des couteaux plantés par les cadres de son propre parti qui lui ont largement savonné la planche, l’issue était prévisible et Morin a jeté l’éponge. Je regrette que le « centrisme de convictions » que Morin représente soit finalement absent de l’élection présidentielle.

Par contraste, il est une forme de centrisme de rassemblement qui consiste à dire oui à tout le monde afin de ménager la chêvre et le chou. C’est le Hollandisme, dont les limites éclatent au grand jour lorsque les électeurs se souviennent que ceux qui s’opposent à la TVA sociale en février la soutenaient en octobre, et que ceux qui proposent de taxer ces salauds de riches en mars s’y opposaient il y a 12 mois. Je l’ai déjà mentionné (d’aucuns diront rabaché…) sur ce blog, rassembler c’est bien, maintenir une certaine cohérence c’est pas mal non plus…

Une autre forme de centrisme encore est celle qui consiste à bâtir une petite île paradisiaque, équidistante de deux continents qui s’affrontent. Et puis, lorsque la victoire d’un des deux continents est proche, on vend l’île à ce continent en échange d’une place dans son gouvernement. C’est ce que s’apprête à faire François Bayrou. Il ne fait nul doute dans mon esprit que la petite île bâtie par Bayrou est préférable aux deux principales alternatives. Le problême est que si tôt Bayrou aura-t-il vendu cette île à l’un des deux principaux continents, qu’ils s’empresseront de la bétonner. Donc, non merci, je ne m’y installerai pas.

La troisième forme de centrisme, représentée par Morin et plus généralement par l’ARES, sera donc absente du débat présidentiel. Je le regrette, mais c’est une opportunité pour ce blog de tourner la page et de se concentrer sur l’essentiel : pour Roubaix et les roubaisiens, la solution aux problêmes quotidiens ne viendra pas d’un homme providentiel parachuté à l’Elysée, qu’il soit de gauche, de droite, ou même centriste. Ce sont les Roubaisiens eux-mêmes, les nombreuses associations et corps intermédiaires présents à Roubaix, à travers le support de leurs élus locaux, qui apporteront les solutions aux grand défis actuels.

Dans les mois à venir, les Roubaisiens auront à choisir leurs députés. Le début de campagne et le cirque pathétique de la désignation des candidats, à droite comme à gauche, n’augure pas d’une réelle prise en compte des attentes des citoyens. A suivre…

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