Mondes parallèles

Il faut voter. Ne pas voter, c’est mal. Si vous ne votez pas, votre hamster mourra d’une pneumonie et votre boulanger vous refourguera du pain décongelé. Ne pas voter, c’est surtout  abandonner une parcelle de liberté en acceptant que d’autres décident pour nous.

Le conseil municipal de Roubaix a adopté, à l’été 2011, son plan d’action de lutte contre l’abstention. La ville soutient, par l’intermédiaire de la Fabrique, le collectif des mères de Roubaix contre l’abstention. On organise, en Mairie, une cérémonie de remise des cartes d’électeurs aux jeunes inscrits sur les listes électorales pour la première fois. Nul doute que d’ici quelques jours les badges « Je pense donc je vote », lancés en 2010 par le comité de quartier de l’Hommelet, refleuriront aux revers des vestes de nos élus.

Mais derrière cette jolie façade politiquement correcte, comment nos élus locaux, départementaux, régionaux, donnent-ils envie aux Roubaisiens d’aller voter ? Comment cherchent-ils à inspirer la confiance ? Comment s’érigent-ils en modèles ? Comment montrent-ils  qu’ils sont conscients des responsabilités qui leurs sont confiées ?

En se chamaillant pour avoir le droit de remettre le pavé au vainqueur du Paris-Roubaix ? En appliquant la lettre de la loi, mais en oubliant son esprit pour élire un maire ? En montrant tant de passion pour leur mandat qu’un meeting de François Hollande à Lille le 17 empêche, bizarrement, la tenue d’un conseil municipal à Roubaix le 18 ? Montrent-ils leur empathie avec les difficultés de leurs électeurs, en particulier en matière d’emploi, en favorisant l’accession de fils, filles, cousins ou conjoints aux emplois publics ? En répliquant au niveau local les supposées turpitudes des hommes (et femmes) politiques nationaux ?

Alors bien sûr, dans les prochaines semaines, nous irons voter. Sera-ce le cas d’une majorité de Roubaisiens ? L’avenir le dira. Mais ce qui est certain, c’est qu’ autant que sur le fond, la bataille pour la reconquête des abstentionnistes roubaisiens d’ici 2014 se gagnera sur la forme. Il faudra faire la démonstration d’une perception de la politique comme un service que l’on rend, et non comme une carrière. Pour la majorité des équipes en place actuellement, il y a du pain sur la planche.

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2 Commentaires

  1. Rectifications : on n’a pas commencé en 2010 comme si la mairie nous l’avait demandé. Au contraire, on en parle depuis 2002 :
    http://leblog2roubaix.com/2012/04/15/je-pense-donc-je-vote-presidentielles-2012/ (voir les liens vers les précédentes élections).

    Sinon, assez d’accord sur le principe de l’exemplarité souhaité des élus locaux….

  2. Grégory Wanlin

    Au temps pour moi. L’année 2010 se rapportait spécifiquement à la sortie du badge, mais je m’aperçois que même là je me suis emmêlé les pinceaux… Mes excuses.

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