Epeule : jeu, set et Match, le supermarché jette l’éponge.

Ce week-end a vu la confirmation d’une rumeur qui circulait depuis quelques semaines :  le supermarché Match de l’Epeule a fermé définitivement samedi. Les raisons invoquées concernent l’inadéquation de l’offre du supermarché avec la demande de la population locale, et l’insécurité endémique dans le quartier, le magasin ayant notamment été la cible de plusieurs braquages.

Les réactions de l’équipe municipale sont sidérantes. Entre Catherine Huguet-Buisine, Maire des quartiers ouest, tombant des nues et se plaignant d’apprendre la nouvelle par voie de presse, et Pierre Dubois qui condamne « le peu d’intérêt de l’enseigne pour la ville » et demande « que les instances régionales se saisissent de ce problème concernant plusieurs villes du territoire», on craint d’avoir été happé par mégarde dans un monde parallèle kafkaïen.

Quand Mme Huguet Buisine, M. Verspieren, adjoint chargé du dévelopement économique, ou M. Wood, conseiller délégué au commerce, ont-ils rencontré le directeur du magasin pour la dernière fois ? Comment se fait-il qu’ils apprennent la nouvelle par voie de presse, quand la population locale, malgré l’absence de communication officielle, était au courant ? Comme le dit un résident du quartier : « et la maire des quartiers qui débarque ! Elle n’a qu’à être plus proche des habitants: 1 mois que le quartier est au courant! »

Pierre Dubois, dans un style qu’on commence à bien lui connaître, se défausse de toute responsabilité et repousse toute action corrective sur d’autres, en l’occurrence la Région, dont on se demande bien quelle compétence elle a en ce domaine. Et pourtant, monsieur Dubois, les problèmes soulevés par le directeur de Match à l’Epeule ne sont pas nouveaux. Quand on oublie que la mixité sociale consiste non seulement à favoriser l’implantation de familles d’héritage maghrébin au centre-ville, mais aussi à donner envie à une population vraiment mixte de s’implanter dans les autres quartiers, on se retrouve avec des pans entiers de la ville minés par le communautarisme. Quand on ignore de manière répétée les demandes des habitants d’être protégés contre les voyous et les incivilités en tout genre, et celles des commerçants d’être protégés du racket présumé sévissant à l’Epeule, on ne peut pas ensuite s’étonner que des commerces ferment.

Cet épisode justifie, s’il en était besoin, le cri d’alarme de l’opposition municipale qui, devant l’absence de toute stratégie en la matière, a dû demander de manière formelle le 21 juin l’inscription à l’ordre du jour du prochain conseil municipal d’une discussion sur la politique de soutien au commerce. Il apporte aussi un éclairage nouveau sur le coup de gueule de la présidente de Commerce et Quartiers, paru il y a quelques jours dans Nord Eclair.

L’économiste du XIXè siècle Frédéric Bastiat  disait : « L’économie c’est du jardinage. Proposer un environnement favorable et laisser pousser. » A part chercher des responsables ailleurs, se lamenter et baisser les bras, que fait la majorité municipale pour proposer un environnement favorable aux commerçants ?

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