Elucubrations énergétiques

L’énergie revient brutalement sous les feux des projecteurs, entre les gesticulations sur le prix de l’essence et les sorties de Montebourg et Valls sur le nucléaire.

L’Agence Internationale de l’Energie indique que le pic de production mondiale de pétrole a probablement été franchi en 2006. On peut tourner le problème dans tous les sens, le résultat est qu’il va y avoir de moins en moins de pétrole disponible, pour une demande en énergie de plus en plus grande – même si les pays développés modèrent leur consommation, les pays en voie de développement feront plus que compenser. La

La Daihatsu Mira : 700kg, 3.3l/100km et 8000 euros

conclusion est que le prix du pétrole va devenir de plus en plus volatil, sur une tendance de toute façon à la hausse. Le gouvernement peut amuser la galerie quelques semaines avec des mesurettes démagogiques qui affecteront le prix à la pompe de quelques centimes, mais en aucun cas un blocage des prix ou une taxe flottante ne sont-ils une réponse structurelle au problème.

Par ailleurs, on peut s’étonner que le gouvernement consente à faire ce cadeau aux ‘riches’ qui possèdent plus de voitures, et plus grosses, et qui donc bénéficieront plus de ce mécanisme que les ‘pauvres’. Rappelez-moi quel était l’argument contre la TVA ‘sociale’ ?

Quelles sont, donc, les réponses possibles à la dépendance de notre société au pétrole?

L’éolien ? Il est par définition imprévisible. La tendance au niveau macro-européen est que les éoliennes fonctionnent lors de la présence d’une dépression en Atlantique nord, et ne produisent pas lors de la présence d’anticyclone sur la même zone. Le parc éolien Européen injecte dans le réseau plus de 50% de sa puissance installée en moyenne seulement quelques jours par mois. La puissance garantie est de quelques % de la puissance installée. L’éolien ne peut donc être la solution puisqu’il nécessite des sources alternatives à hauteur de plus de 90% des besoins, sauf à accepter le risque de coupures et de limitation sévère de la puissance disponible.

L’hydro ? Il reste assez peu de vallées inondables en France pour créer des barrages supplémentaires.

Les agro-carburants ? Outre l’impact écologique dévastateur de la déforestation, il parait injustifiable (et probablement, à long terme, impossible) de continuer à cultiver la terre pour produire du carburant pour les riches alors que les pauvres continuent à mourir de faim.

Seuls le solaire et le photovoltaïque semblent proposer une réelle solution, mais là encore avec un différentiel d’efficacité évident selon les régions.

Au niveau global, je partage l’analyse de Manuel Valls et Arnaud Montebourg : le nucléaire est, et doit rester, une filière d’avenir.

En ce qui concerne le coût de l’essence, le gouvernement va certainement, ce soir, annoncer une victoire éclatante sur les pétroliers libéralo-mafieux, avec une baisse du litre de quelques centimes pour quelques mois. La belle affaire.

Si Arnaud Montebourg voulait vraiment se rendre utile et pérenniser Renault et PSA, il les encouragerait à développer la 2 CV de demain : 500kg, ne dépassant pas le 110, et consommant 2 litres au 100km. Pour mémoire, Daihatsu y est presque, avec la Mira : 700kg, 3.3l/100km, et 8000 euros… Il introduirait ensuite une prime à la casse de 10000 euros pour financer totalement l’achat d’un de ces véhicules, financé par un doublement de la taxe sur l’essence. Ça, ça ressemblerait vaguement à une politique industrielle capable à la fois de sauver l’automobile française et de réduire la dépendance au pétrole.

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