Hervé Morin dans Le Point – pourquoi je suis sceptique

On a connu Hervé Morin plus clair, plus constant et, pour tout dire, plus convaincant. La base du centrisme, tel que le Nouveau Centre le conçoit, a été historiquement un mélange (instable, on en convient) de libéralisme, de radicalisme et de solidarisme*. Ce mélange, qu’on ne retrouve dans aucune autre formation politique, justifiait l’existence du Nouveau Centre et, a fortiori, une indépendance des autres partis et la candidature de Morin à l’élection présidentielle.

Hervé Morin envisage un partenariat avec l’UMP

Morin (article du Point du 29 août) semble maintenant s’emmêler les pinceaux ou du moins mettre la charrue avant les boeufs, en déclarant que pour exister, il faut nécessairement s’allier à l’UMP, et annonçant sa préférence pour une primaire ouverte à droite avant l’élection présidentielle de 2017.

Ceci me gêne pour 2 raisons.

La première est que nul ne sait à quoi ressemblera l’UMP post-congrès, ni ce que sera sa base idéologique et programmatique. On a suffisamment raillé l’alliance artificielle entre EELV et le PS, fondée sur des bases politicardes plutôt que sur de vraies convergences idéologiques, pour ne pas aller s’enferrer dans le même scénario, fût-il porteur de l’espoir d’une victoire électorale. Pour être clair, autant l’alliance avec une UMP centriste et humaniste Raffarino-Méhaigneriste peut éventuellement avoir du sens (et encore ne doit-elle pas être posée comme une évidence), autant l’alternative défendue par Guillaume Peltier, Thierry Mariani ou Lionnel Luca est, pour le Centre, une voie sans issue. Sur ce point, il est donc urgent d’attendre.

La deuxième raison de ma circonspection est la projection vers 2017, oubliant allègrement les échéances électorales de 2014 (municipales et européennes) et 2015 (territoriales ou leur adaptation). Il serait étonnant que les forces politiques en présence à l’issue de ces élections soient dans une configuration identique à celle d’aujourd’hui. En particulier, il n’est pas interdit d’envisager que les difficultés prévisibles du gouvernement de gauche, avant de profiter à la droite, profiteront au centre. Selon moi, la priorité doit être de former une force centriste capable d’exister seule, de présenter un message basé sur des idées et non des personnes, et de peser sur les rendez-vous électoraux des prochaines années. Il sera temps, ensuite, de décider d’une stratégie présidentielle. D’ici là, il y a 36000 élections locales à gagner.

 

*allez, puisque vous le demandez gentiment, promis, d’ici peu je vous fais un petit résumé de ces 3 courants politiques.
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