Dans le vrai monde, tout va bien

J’habite un monde parallèle.

Dans ce monde, le pédibus, ce système de convoyage à pied des enfants vers les écoles, sorte de transhumance quotidienne, mugissements inclus, n’est plus qu’un vague souvenir. Dans ce monde, l’accès à l’étude après les cours a été sévèrement  réduit, pour être largement remplacé par la garderie. Ben oui, un animateur de garderie coûte moins cher à la Commune qu’un prof. Et puis, les quelques places d’études ont été attribuées en dépit du bon sens, privilégiant les CM2 et CM1 au détriment des CP et CE1. Dans le monde où je vis, un élève de CM2 est autonome pour les devoirs, et capable de rentrer chez lui après l’école. Un élève de CP ou CE1, non. Dans le monde où je vis, on sait que les bases qui conditionnent tellement la vie future, à savoir la lecture, l’écriture et les notions d’arithmétique, s’acquièrent en tout début de primaire, et donc que l’effort de soutien aux élèves doit commencer par là. Dans le monde où je vis, on construit de toutes pièces un nouvel éco-quartier pour 4000 habitants, et on oublie d’y prévoir une école.

Heureusement, dans le vrai monde, tout va bien, et on peut se féliciter du travail bien fait. On peut s’enorgueillir des nouveaux collèges, de la réfection des cours d’école, des internats d’excellence, des 6 priorités, du Projet Educatif Global, de la noblesse d’une politique éducative socialement juste. Ouf. Heureusement, le vrai monde est là. Mon monde à moi n’est qu’une illusion. Dans le vrai monde, tout va bien.

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