Maisons de mode : quand les créateurs qui réussissent quittent Roubaix

Nord Eclair nous rassure, tout va très bien pour les Maisons de Mode roubaisiennes. Si 5 des 7 cellules sont vides c’est que leurs occupants les ont délaissées pour occuper de nouveaux locaux, plus vastes, ailleurs.

Nous sommes heureux d’apprendre que la vacance des locaux est due au succès des créateurs les ayant occupés, mais cela pose tout de même 2 problèmes majeurs.

La fin d’un bail n’arrive pas à l’improviste. On en connait la date et on peut s’y préparer. Les occupants l’ont manifestement fait en cherchant d’autres locaux, il n’aurait pas été aberrant que le bailleur anticipe lui aussi. Il est invraisemblable de laisser ces cellules vides pour plusieurs mois en attendant de sélectionner les prochains occupants, alors que ces sélections auraient très bien pu commencer au printemps.

Le deuxième problème est plus grave. Tous ces créateurs, une fois prouvé le succès de leur concept et de leur marque, ont quitté Roubaix pour s’installer dans les villes voisines : Marcq, Bondues,  ou Willems. Nous touchons ici au cœur du problème : sauf exception, que l’on soit habitant ou commerçant, Roubaix est une ville où on s’installe lorsqu’on n’a pas les moyens d’aller ailleurs, et qu’on quitte dès que possible. On ne fera croire à personne que des locaux commerciaux adéquats n’étaient pas disponibles pour ces boutiques sur Roubaix. Ceci rend indispensable la réflexion de fond sur la ville que l’on souhaite construire pour les années à venir, et les moyens à mettre en œuvre pour y arriver. Se satisfait-on, comme le dénonçait Christian Maes lors d’un récent conseil municipal, d’une ville dortoir, ou souhaite-t-on développer une vraie mixité sociale, dynamiser le commerce local, et créer des emplois sur place ?

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