Lettre à François Hollande

Monsieur le Président

 

Soyons clairs dès le début, je n’ai pas voté pour vous. Entre la peste d’un programme économique dogmatique totalement inadapté qui laissera la France à l’agonie, et le choléra d’un discours brutal, clivant et parfois nauséabond, j’ai choisi le choléra. Pour tout vous dire, je n’en suis pas fier, mais j’ai fait l’analyse que ces clivages que l’on dénonce apparaîtront nécessairement dans cette France appauvrie qui résultera de votre politique. J’aurais pu voter à gauche. Je l’aurais sans doute fait, si Manuel Valls ou Jean-Michel Baylet avaient triomphé lors des primaires socialistes. Je l’ai d’ailleurs déjà fait, en 1993, effrayé par l’arrogance de cette droite qui, prévoyant une vague bleue, se voyait déjà tout permis.

C’est cette même arrogance que je retrouve aujourd’hui dans ma ville au sein de la majorité municipale. Au pouvoir depuis trop longtemps, elle ne fait même plus semblant. Les sourires sont prompts, les poignées de main fermes et les bises claquées avec énergie, mais derrière la façade, elle a renoncé aux idées.

Et vous-même, déjà, vous ne faites même plus semblant. De petits renoncements en spectaculaires capitulations, de rétro-pédalages grotesques en abandons symboliques, de petits non-dits en énormes mensonges, de formules creuses en flous artistiques, balloté par un gouvernement que vous ne maîtrisez pas, vous semblez déjà épuisé, rincé, lessivé, attendant la fin et priant pour que cette épreuve s’arrête.

Monsieur le Président, dans une période de crise, n’importe quel cap, n’importe quelle idée, n’importe quelle action, valent mieux que pas de cap, pas d’idée, pas d’action. Non, je n’ai pas voté pour vous. Mais vous vouliez être Président et maintenant, vous l’êtes. Alors s’il vous plaît, présidez.

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