Rénovation de la politique : la copie très attendue de l’élève Jospin

La commission Jospin rend aujourd’hui sa très attendue copie. 14 personnalités éminentes et plus de 3 mois de travail, les moyens étaient mis pour permettre un travail de fond. Quel est le résultat? Lionel Jospin rend-il une copie très différente de celle qu’auraient produite 3 potaches réunis autour d’une bière pendant 20 minutes? Analyse des propositions…

Cumul des mandats : la marge de manœuvre était faible, et toute autre préconisation que le strict non-cumul d’un mandat parlementaire et de chef d’exécutif local aurait fait hurler au copinage. La préconisation est donc conforme aux attentes, et on le salue, mais sans plus. Pour moi, le trou béant dans cette recommandation reste le statut des chefs d’intercommunalité, qui garderont tout loisir de cumuler avec un autre mandat de chef d’exécutif local.

Proportionnelle : là encore, c’est une recommandation a minima. 10% des députés élus à la proportionnelle, c’est mieux que rien, mais on est loin des 20 ou 25% mentionnés de temps à autres, en particulier à gauche. Je choisis de voir le verre à moitié plein, mais il ne faudrait pas que le projet de loi du gouvernement tente de le vider.

Parrainage citoyen pour les candidats à la présidentielle : oui, whatever, j’ai du mal à me passionner pour le sujet. En mon for intérieur je considère que si quelqu’un qui prétend avoir la carrure d’un Président ne parvient pas à convaincre 500 élus locaux de le parrainer, c’est qu’il n’a pas la carrure d’un Président. Mais soit, pourquoi pas, donner un peu plus de pouvoir aux citoyens n’est jamais une mauvaise chose.

Réforme du mode de scrutin aux sénatoriales : alors là, je sais que c’est mal, et que j’irai certainement en enfer pour ça, mais je m’en fous. Tant que, pour le citoyen lambda, tant le mode de scrutin actuel que le rôle du Sénat resteront aussi obscurs, tant qu’un vrai effort de pédagogie n’aura pas été fait, les sénateurs peuvent faire ce qu’ils veulent, je m’en tamponne le coquillard. Et je soupçonne que je ne suis pas le seul.

Réforme du statut pénal du chef de l’Etat : que le chef de l’Etat puisse être jugé durant son mandat, pour des faits détachables de sa fonction, est une évidence. Il faut par contre, et c’est le plus difficile à faire de manière impartiale et non sujette à suspicion, veiller à ce qu’un filtre soit mis en place afin que le Président ne passe pas toutes ses matinées au tribunal pour des motifs douteux  D’accord avec cette préconisation, donc. Mais, là encore, Jospin et ses camarades laissent un trou béant, qui concerne les autres élus. Il était attendu, encore plus que sur le statut du chef de l’Etat, sur le statut de l’élu de base, et on aurait aimé qu’il formule des recommandations sur une période d’inéligibilité plancher pour tout élu reconnu coupable d’un délit dans l’exercice de ses fonctions. Sur ce point, la position du Nouveau Centre est depuis longtemps en faveur d’une inéligibilité à vie, et je la partage.

Appréciation générale : 11.5/20. Un travail correct, mais l’élève n’a pas tiré avantage des moyens considérables mis à sa disposition, et le travail reste très prévisible et peu original.

 

Et vous, vous mettriez combien?

 

 

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