PMA : l’amendement qui change tout

Le gouvernement ne s’opposera finalement pas à un éventuel amendement autorisant la PMA, dans la loi sur le mariage pour tous. Ben v’là aut’chose. Ceci dit, on ne devrait pas être surpris de ce revirement, le gouvernement démontrant depuis des mois son incapacité à s’opposer à quoi que ce soit, érigeant la recherche du consensus mou en modèle de gouvernance.

Mais tout de même, la flambytude ne devrait pas exclure un minimum de cohérence. Le principal argument du mariage pour tous est de corriger une inégalité, les droits des citoyens ne devant pas dépendre de leur sexe. Dont acte. Pourquoi alors, dans la foulée, vouloir introduire de nouvelles inégalités, elles aussi basées sur le sexe ? Pourquoi accorder la PMA aux couples de femmes ne souffrant pas d’infertilité, et l’accorder aux couples hétérosexuels uniquement en cas d’infertilité pathologique médicalement diagnostiquée ? Pourquoi vouloir accorder le droit à la PMA aux couples de lesbiennes, et laisser les couples masculins sans un droit équivalent ?

Bien évidemment, cette question nous amène tout naturellement vers l’ouverture de la Gestation Pour Autrui aux couples masculins, et ouvre un débat autrement plus complexe et, disons-le, plus clivant, que le mariage pour tous. Ce qui, avec le mariage pour tous, était une question assez simple d’égalité devant la loi devient une question complexe de bioéthique qui ne saurait être éludée ou même traitée en quelques jours par le Parlement sans un vrai débat national.

Ma position est donc la suivante. Je suis pour la reconnaissance d’un droit au mariage pour tous les couples sans distinction de sexe. En l’état actuel du débat, je suis contre l’extension de la PMA aux couples de femmes dans la mesure où elle crée de nouvelles discriminations, d’une part envers les couples d’hommes, d’autre part envers les couples hétérosexuels sans infertilité.

Le débat sur la PMA et celui sur la GPA doivent impérativement être liés, et être menés de manière sereine et posée, et non forcés en quelques jours par un groupe de députés. Ces débats doivent intégrer à la fois les considérations de bioéthique et celles d’égalité devant la loi. Tant qu’ils n’auront pas eu lieu, pour moi, PMA, c’est niet.

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