Roubaix : La gestion pépère d’une ville où tout va bien

Débat d’orientation budgétaire hier soir en conseil municipal de Roubaix. Un exercice important, puisqu’il dévoile les grandes lignes du budget devant être voté dans quelques mois, et pour lequel le site officiel de la Mairie se fendait même d’un communiqué. Même si l’astuce consistant à annoncer « pas d’augmentation d’impôts »  est un peu grosse (le taux n’augmente pas, mais si l’assiette augmente, en l’occurrence de 1.8%, c’est toujours une augmentation, et on nous prend toujours pour des jambons…), ce n’est pas cela qui a retenu mon attention.

On le sait, Roubaix va mal. Les problèmes ne sont pas insurmontables, mais ils sont multiples, sérieux, et demandent une mobilisation forte et une implication totale de l’équipe municipale dans leur résolution. Je n’accepterais pas, en tant que Roubaisien, que la gestion de cette ville soit un considérée comme un hobby, quelque chose que l’on fait a minima, ou la variable d’ajustement d’un emploi du temps chargé.

J’étais donc sidéré de constater, comme Max-André Pick du groupe Roubaix en Marche en a d’ailleurs fait la remarque, que le Conseil débutait avec 13 absences dans les rangs de la majorité, soit plus de 30%. Pierre Dubois devait d’ailleurs être lui aussi mal à l’aise, puisqu’il jugea bon, après 1h15 de conseil, de faire remarquer qu’il ne manquait plus maintenant que 5 ou 6 élus de la majorité. L’atterrement du public était alors audible. « Essaie d’arriver en comité de direction avec 1h15 de retard, pour voir… » me glissait mon voisin. Et il avait raison. Que le tiers des élus ne soient pas présents au début d’un conseil municipal est inadmissible. Que le Maire s’en satisfasse est une faute. Qu’il juge que 5 ou 6 absences après 1h15 est un exploit remarquable témoigne d’un total manque de lucidité sur la motivation de son équipe, les problèmes de cette ville, et le sens de l’urgence qu’il est nécessaire de créer pour les surmonter.

Ceci, malheureusement, est symptomatique de cette équipe pour laquelle rien n’est urgent et tout peut se faire demain.

On en veut pour exemple frappant le plan de soutien au commerce sur la Grand-Place, annoncé le 20 novembre à grand renfort de communication sur le site de la Mairie et dans la presse. Le 8 décembre, Guillaume Delbar s’étonnait qu’aucun élu n’ait encore reçu le détail de ce plan : ni le Maire du quartier Centre, pourtant a priori en première ligne sur ce dossier, ni les élus de la majorité, ni ceux de l’opposition.  Hier 20 décembre, en conseil municipal, il réitérait sa demande : quand les élus pourront-ils connaître le détail de ce plan ? Combien de temps faut-il pour envoyer par email un document qui (du moins on l’espère) existe déjà ? Très bientôt, fut la réponse du Maire. Dans le mois qui s’est écoulé depuis l’annonce du plan fantôme, le tabac La Civette et le bar le Beverly, sur la Grand-Place, ont fermé leurs portes, et l’agence de marketing ETO, avenue Jean Lebas, a décidé de déménager ses 200 employés hors de Roubaix. Tic, toc. L’horloge tourne, mais à Roubaix, tout va bien, on gère pépère.

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2 Commentaires

  1. Louisa MOKHTARI

    Bonjour Grégory.

    Un petit oups ! dans le transfert des fichiers

    Joyeux Noel.

    Louisa

  2. Grégory Wanlin

    Merci Louisa, joyeux noël à toi aussi, à bientôt.

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