Rénovation urbaine? vraiment?

Quand Pierre Dubois dressera le bilan de son action municipale, quelle qu’en soit l’échéance, il pourra se targuer d’avoir soutenu l’industrie de la construction. Les Trois-Ponts, l’Union, les nouvelles résidences parsemées aux quatre coins de la ville, témoignent de la passion de notre maire pour ce qu’il appelle la rénovation urbaine. Personnellement, je me refuse à employer ce terme. Car une ville, ce n’est pas une juxtaposition de bâtiments. Une ville, pour moi, c’est d’abord et avant tout des habitants. Déjà, en 2011, j’alertais sur le projet de rénovation des Trois-Ponts, souhaitant que la fin du chantier de construction marque le début d’un autre processus de rénovation, social celui-là.

 

La presse de ces derniers jours a largement rapporté le cas d’Yvette Algoët, 81 ans, sur le point d’être expropriée pour laisser la place à huit logements sociaux.

 

Ignoble, pathétique, désespérant, j’ai du mal à choisir l’adjectif approprié.

 

Qu’il faille rénover ce quartier, soit, mais de quel droit décide-t-on que l’expropriation de cette dame est un prix acceptable à payer ? Bien sûr, le « droit inaliénable et sacré » que constitue la propriété peut être détourné pour une cause d’utilité publique. Mais franchement, qui peut croire que le projet rendant nécessaire l’expropriation ne pouvait pas être dessiné autrement ? On s’enorgueillit de cette expérimentation, de ce concept nouveau, cet « Octave » – eu égard aux huit logements -, mais qui croira qu’il n’y avait pas d’autre endroit, dans ce quartier ou ailleurs, où placer ce béguinage ? On ne parlera même pas de la pertinence de la construction (d’encore plus) de logements sociaux… Encore une fois, on laisse une vision constructiviste d’un monde parfait l’emporter sur cette simple humanité qui devrait nous dire qu’une ville, avant d’être des murs, c‘est des gens.

 

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