Pour en finir avec la démocratie participative à la petite semaine

La presse locale nous offre une séquence « Démocratie participative ». Il est vrai qu’il y a beaucoup à dire,  tant Roubaix a longtemps été pionnière dans la mobilisation et l’implication des citoyens dans la politique municipale. En France, l’ancêtre des comités de quartiers modernes est né à Roubaix avec l’Atelier Populaire d’Urbanisme de l’Alma-Gare. Les premières mairies de quartier roubaisiennes ont été créées il y a plus de 25 ans. Et pourtant, que reste-t-il de cet héritage ? La démocratie roubaisienne est en perdition.

 Les conseils de quartier sont censés permettre aux habitants d’exprimer leurs besoins et leurs souhaits. A Roubaix, ils ne sont plus que des relais de la communication municipale, vides de débat et d’échange. Sur les 70 à 100 conseillers pour chaque quartier nommés en début de mandat, très peu prennent part aux réunions, découragés par leur inutilité (4 au Centre en juin 2012, 19 au Sud en novembre).

Les comités de quartier, nés à l’initiative des habitants et portés par eux, disparaissent un à un ou luttent constamment pour pérenniser leur action (les comités de l’Alma, des Trois-Ponts ou du Pile, par exemple, ont récemment disparu faute de moyens et de support).

Loin de la soupe tiédasse servie dans la presse par mesdames Deschamps et Maerten, bien incapables de citer une proposition ou réalisation concrète du conseil de quartier dont elles partagent la co-présidence, il me semble fondamental que les conseils de quartier reprennent un vrai rôle de débat et de contrôle des politiques municipales. Il doivent pouvoir servir à la présentation et au débat sur les grands projets et orientations de la Mairie ayant un impact sur le secteur (voirie, événements, équipements, etc). Ils devraient pouvoir émettre un avis consultatif sur chaque grand projet, qui serait nécessairement communiqué au Conseil Municipal avant le vote final sur chaque projet.

Quant aux comités de quartier, on mesure la difficulté de leur rôle, eux qui ne veulent pas être instrumentalisés par la ville (dixit Isabelle Bras, présidente du CQ Fresnoy-Mackellerie), mais que la ville rend pourtant responsables de la lutte contre l’abstention.

A mon sens, les rôles des comités de quartier doivent varier de quartier à quartier en fonction des besoins et attentes des habitants, tout en s’articulant autour d’un tronc commun, qui pourrait comprendre la collaboration, la formation et l’échange de savoir-faire entre les habitants,

  • la découverte du quartier et l’accueil des nouveaux arrivants,
  • l’animation du quartier et le lien avec les commerçants, si besoin en intégrant les comités des fêtes,
  • des actions de sensibilisation à la propreté du cadre de vie où à la sécurité routière, etc.

Par contre, en aucun cas la ville ne doit se défausser de ses responsabilités quant à l’abstention électorale. Renvoyer la responsabilité d’actions sur ce sujet sur les comités de quartier est inacceptable. Les élus sont seuls responsables de la faible participation aux élections. Il leur appartient de trouver les solutions.

Pour finir, le sujet de la démocratie participative est bien plus large que celui des comités et conseils de quartier. Sur ces sujets, comme sur ceux de l’accessibilité des élus, du rôle des mairies de quartier, de la portée de la voix de Roubaix et des Roubaisiens au sein de LMCU, nous aurons l’opportunité de revenir dans les jours qui viennent.

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3 Commentaires

  1. MAERTEN Myriam

    Bonjour Monsieur,

    A propos du Conseil de Quartiers Sud : voici des exemples concrets de réalisations : les containers enterrés en accompagnement de l’ANRU des Hauts Champs, l’accompagnement du tri sélectif et les actions dans les écoles, les actions propreté sur le quartier et la recherche de solution et les solutions trouvées pour les points noirs, la négociation sur l’emplacement de V’Lille, la sécurisation aux abords des écoles, le vote d’une délibération sur la prise en charge par Ville d’un centre d’accueil pour les femmes victimes de violence, le groupe parrainage et emploi pour l’accompagnement des demandeurs d’emploi et un emploi retrouvé pour quelques uns d’entre eux (ce n’est pas le comité de quartier du Nouveau Roubaix qui porte mais le Conseil de Quartiers Sud), le groupe culture avec la fête de la musique et chaque année le concert à l’Eglise St Jean Baptiste et le travail avec les enfants des écoles et le conservatoire tout au long de l’année…. Et ce ne sont que quelques exemples.

    Allez donc voir du côté de la Mairie des quartiers Ouest et vous découvrirez le travail remarquable du Maire de Quartiers, de la Coprésidente et du Conseil de Quartiers. Idem au Nord. Quand on ne sait pas , on se tait, on ne se permet pas d’écrire n’importe quoi !

    La soupe servie vous semble tiédasse, qu’à cela cela ne tienne, les conseils de quartiers vont bientôt être renouvelés, venez donc les rejoindre et montrer ce que vous êtes capable de mettre en oeuvre : je ne doute pas que la soupe sera alors bien chaude ! Myriam MAERTEN, co-présidente CQ Roubaix Sud

  2. Pingback: Big Brother est il à Roubaix? | Blog de Emmanuel Oyez

  3. Grégory Wanlin

    Bonjour madame,
    Merci pour votre commentaire, et pour votre suggestion. J’avais d’ailleurs écrit à madame le Maire de quartier sud et interpellé le Premier Adjoint au sujet du renouvellement des conseils de quartier. C’était au printemps 2012, époque à laquelle, conformément à leur réglement intérieur, ils devaient être renouvelés. Mais je me réjouis d’apprendre que le processus est maintenant en marche.

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