Mi-mandat de Pierre Dubois : ma contribution au débat

Puisque Nord Eclair ouvre le débat sur le bilan de Pierre Dubois à mi-mandat, livrons-nous au jeu…

On ne peut évidemment juger du succès de la rénovation urbaine en 12 mois. On dressera cependant trois constats :

  • La concertation avec les habitants sur la construction de grands ensembles n’a pas progressé. Les riverains de la rue Jean Moulin ont appris le début des chantiers les impactant quelques jours avant l’apparition de la première pelleteuse. Ceux du boulevard Gambetta ont été à peine mieux lotis. Yvette Algoët va être expropriée au prétexte qu’il n’y aurait pas d’autre emplacement sur Roubaix pour construire 8 logements sociaux ;
  • Le rythme de construction de logements sociaux est maintenu, alors que la ville en compte déjà 40%, que le taux de foyers imposables est en baisse, et que la ville n’est clairement pas en mesure de fournir à ces ménages l’accompagnement nécessaire ;
  • Plus personne ne croit aux promesses sur Barbieux. Au conseil municipal du 24 juin 2011, le maire de l’époque fanfaronnait, en référence aux 6 millions d’euros nécessaires à la rénovation : « Je sais que le département va m’accompagner. La Région comme l’Europe je sais les attraper ». Vraiment ? Nous avons eu les promesses. Où sont les actes ?

Que dire de l’emploi ? Les fiascos s’accumulent : Darty, Utility, le plan pour le commerce en centre-ville qui n’est qu’une vaste blague, etc. Quant à ETO, croit-on vraiment qu’une ruche d’entreprises va remplacer leurs 200 emplois à temps plein ? Alors qu’il faudrait prendre le problème à bras le corps, offrir des solutions nouvelles et proactives, Pierre Dubois nous explique qu’accompagner le déménagement d’ETO à La Madeleine, c’est faire le job. Résultat, l’INSEE nous informe que depuis le début du mandat en 2008, Roubaix a perdu 3000 habitants et gagné 3000 chômeurs.

Pierre Dubois souhaitait mettre en place un nouveau contrat local de sécurité et se félicite que cela ait été fait. Parfait, moi aussi, j’aime un joli contrat, avec les bonnes croix dans les bonnes cases. Mais en pratique, y a-t-il moins d’incivilités ? Moins de violences ? Moins de braquages ? Les Roubaisiens se sentent-ils plus en sécurité ? Toutes mes discussions avec des habitants comme des commerçants placent l’insécurité comme un des deux griefs majeurs des Roubaisiens. En pratique, de quelle amélioration visible, concrète, le Maire peut-il s’enorgueillir ?

La propreté ensuite, un « sujet basique mais très important » selon Pierre Dubois. Effectivement, c’est le deuxième sujet le plus mentionné par les habitants et commerçants. Qui choisit de venir habiter une ville qui est un dépotoir ? Quel commerçant choisit d’y ouvrir un magasin ? Qui choisit de venir y faire ses courses ? Oui, la propreté est un vrai sujet. On nous annonce « une expérimentation » ? Pour « tenter » d’avoir des services plus réactifs ? De quelle expérimentation avons-nous besoin ? Ces poubelles que la ville dit avoir budgétées, quand seront-elles installées ? Quand va-t-on enfin demander aux agents de ramasser TOUS les sacs poubelle, même s’ils ne sont pas frappés du logo de LMCU ? Quand va-t-on enfin installer des caméras aux lieux connus de décharges sauvages ? Nous n’avons pas besoin d’expérimentations mais d’actes simples et de bon sens.

Lille Métropole enfin. Pierre Dubois « entend, dans les mois et les années à venir, prendre toute [sa] place » au conseil de communauté. A la bonne heure ! Pour un peu, il parviendrait à nous faire oublier qu’il siège au conseil depuis des années et que sa majorité compte 11 conseillers à LMCU. Pour quel bilan ? Nul sur Barbieux, nul sur le musée André Diligent.

Au lendemain de sa nomination, Pierre Dubois terminait son entretien avec Nord Eclair sur la phrase « En deux ans, on a le temps de faire beaucoup de choses ». Il en reste un.

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